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Ripisylve et forêt alluviale

Les cours d’eau sont souvent bordés de formations boisées. Ces écosystèmes forestiers sont inondés de façon régulière (pour les ripisylves) ou exceptionnelle (pour les forêts alluviales).

C'est quoi une ripisylve ? C'est quoi une forêt alluviale ?

La ripisylve ou « bois de berge »

La ripisylve, ou forêt ripicole, ou encore « bois de berge », au sens littéral du terme, est définie comme une forêt riveraine de cours d’eau. Elle correspond à un corridor végétal, souvent large et complexe, directement sous l’influence des perturbations hydrologiques de forte et moyenne fréquence (crues, fluctuations du niveau des nappes). Elle est caractérisée généralement par une grande diversité biologique et une forte productivité.

La forêt alluviale

C’est la forêt située sur des sols issus d’alluvions, c’est à dire dans le lit majeur des cours d’eau (espace que celui-ci occupe en crue). Elle se développe en arrière de la ripisylve.

Historiquement, il était prélevé dans la forêt alluviale du bois de chauffage (« bois d’été » de peupliers, saules, vite secs, vite allumés et suffisants pour cuire les aliments) et du bois de service.

Des fonctions essentielles pour la rivière

Lutte contre l’érosion

La ripisylve régule les apports du bassin versant en favorisant l’infiltration des eaux aux dépends de leur ruissellement. Elle lutte contre l’érosion des terres agricoles en retenant les particules. Les sédiments entraînés par le phénomène d’érosion peuvent être captés à hauteur de 90 % même si la largeur de la ripisylve n’excède pas 5 mètres.

Rôle épurateur

L’eau superficielle (celle que l’on voit dans la rivière), n’est qu’une partie de l’eau présente : la rivière
est accompagnée d’une nappe alluviale alimentée soit par des infiltrations d’eau de pluie, soit par la rivière elle-même. Il existe des échanges permanents entre la rivière et sa nappe d’accompagnement (nappe alluviale). La zone d’échange contient une faune adaptée (microorganismes, invertébrés) qui participe à l’auto épuration de l’eau.

Les racines des arbres captent les éléments nutritifs présents dans la nappe phréatique, favorisant ainsi son épuration (piégeage des nitrates et phosphates provenant de l’agriculture).

Avec une largeur de 20 mètres ou plus, 80 % des nitrates et 70 % des phosphates sont absorbés.

Maintien des berges

Les racines des arbres et arbustes de bord de rivière créent un système d’ancrage très efficace, qui permet de réduire l’érosion des berges. La présence des herbes et arbustes protège le sol de l’érosion grâce aux tiges et feuilles qui sont plaquées par le courant.

Les saules, frênes, aulnes, peupliers blanc qui constituent l’essentiel des peuplements possèdent un système racinaire très dense et profond.

Prévention des inondations

Lors des crues, les végétaux font opposition au courant, dissipent son énergie, réduisent donc sa vitesse limitant l’érosion et la propagation des crues.

Fonctions écologiques

L’ombre des arbres maintient une température plus basse de l’eau en été et procure ainsi des conditions favorables à la vie aquatique (concentration plus élevée en oxygène dissous, réduction du développement des algues).
La végétation procure un habitat essentiel pour de nombreuses espèces animales, et en particulier certains insectes dont une partie du cycle se passe dans l’eau. La faune trouve caches et abris, ainsi que l’alimentation nécessaire (baies, débris de végétaux, insectes tombant des arbres …). La flore est très diversifiée et comprend des espèces rares.

Fonction économique

La forêt naturelle constitue un réservoir génétique susceptible de fournir des souches adaptées aux conditions locales (sols, climats, maladies,…).

Fonction sociale

La bande boisée qui borde un cours d’eau est un élément du paysage qui constitue un cadre apprécié des usagers de la nature : promeneurs, chasseurs.

Les pêcheurs sont directement concernés par l’entretien de cet espace qui conditionne la qualité des eaux et donc la richesse piscicole de la rivière et l’accès au lieu de pêche.

Enfin, la gestion de ces espaces a une incidence sur les politiques touristiques locales.

 D'après la fiche Fiche n° 234001 de Forêt Privée Française

Les Saules arbustifs, grands Saules blancs et les Peupliers noirs composent les peuplements de berges, les plus exposés à la force du courant et à la submersion.

En arrière de ce premier rideau d’arbres, se développent des formations à différents stades d’évolution :

  • La saulaie-peupleraie soumise aux inondations fréquentes et à l’atmosphère très humide représente le stade pionnier.
  • Avec l’assèchement du milieu viennent les frênes et les ormes.
  • En arrière de cette ripisylve, on retrouve la forêt à bois dur :  chênes, frênes, ormes, Noyers communs, platanes, Peupliers blancs, Erables sycomores…
Maison de l’environnement
de Midi-Pyrénées

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